lundi 10 mars 2014

le jeûne

Saint Basile de Césarée

Extraits de sa première homélie sur le jeûne.

        Le jeûne est une faveur ancienne, qui ne vieillit pas, mais qui se renouvelle sans cesse, toujours dans sa pre­mi­è­re vigueur. Croyez-vous que je tire de la Loi l’antiquité du jeû­ne ? Il est plus ancien que la Loi même (…) Le jeûne sert d’ailes à la priè­re pour s’éle­ver en haut et pénétrer jusqu’aux cieux (…)

         Gardez-vous néan­moins de borner l’avantage du jeûne (…) Le jeûne
véritable est de s’abstenir des vices (…) Mal­heur à ceux que les passions eni­vrent.        
        La colère est une ivres­se de l’âme qui la trouble et la trans­por­te. La tris­­tesse est aussi une ivresse qui en­ve­lop­pe et ensevelit la raison. La crainte est une au­tre ivresse qui nous fait trembler mal à pro­pos (…) Toute passion violente qui trou­ve et dérange la raison est une ivresse. Voyez un hom­me emporté par la colère : il est ivre ; il n’est plus maître de lui-mê­me, il ne se connaît plus, il ne connaît plus personne ; il se jette sur tous, com­me dans un com­­­­bat nocturne ; il parle au hasard, il ne se con­tient pas, il in­vec­tive, frappe, menace, crie, s’emporte en ju­rons et se li­vre à toute sa rage (…)

        Que le Seigneur qui fait se suc­cé­der les temps, nous accorde, après nos exercices de braves athlètes, et la pra­­tique cons­tante de la tem­pé­­rance, d’arriver au jour du cou­ron­ne­ment : qu’après nous être confor­més ici-bas au Sauveur souf­frant, il nous donne de recevoir dans la vie future la ré­com­pen­­se de nos tra­vaux.