mercredi 4 juin 2014

Saint Augustin

A l’approche de la fête du Sacré-Cœur,
écoutons saint Augustin commenter l’évangile de saint Jean (Traité CXX, 2)


        Les soldats vinrent donc et ils brisèrent les jambes du premier, puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui, mais quand ils arrivèrent à Jésus, comme ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats ouvrit son côté avec sa lance et il en sortit aussitôt du sang et de l’eau (Jn 19, 32-34).

        L’évangéliste s’est servi d’un mot soigneusement choisi ; il ne dit pas : il frappa ou il blessa son côté, ou quelque chose d’autre, mais : il ouvrit son côté, pour
faire comprendre d’une certaine manière que la porte de la vie était ouverte à cet endroit d’où ont coulé les sacrements de l’Eglise sans lesquels on n’entre pas dans la vie qui est la vraie Vie. Ce sang a été versé pour la rémission des péchés, cette eau se mélange à la coupe du salut ; elle procure tout ensemble le bain et le breuvage. Cela était annoncé d’avance par l’ordre donné à Noé d’ouvrir sur le côté de l’arche la porte (Gen 6, 16) par laquelle entreraient les animaux qui ne périraient pas dans le déluge et qui préfigureraient l’Eglise.
       
        Voilà pourquoi la première femme a été faite du côté de l’homme qui dormait (Gen 2, 22) et elle fut appelée la Vie et la mère des vivants. Ce fut l’indication d’un plus grand bien avant le grand mal de la prévarication. Ici, le second Adam inclinant la tête a dormi sur la croix pour qu’une épouse lui soit formée de ce qui a coulé du côté de Celui qui dormait.


        Ô mort qui fait revivre les morts ! Qu’y a-t-il de plus pur que ce sang ? Qu’y a-t-il de plus salutaire que cette blessure ?