vendredi 7 novembre 2014

Commémoration des défunts

Commémoration des défunts du 2 novembre.


        On sait que l'institution d'une Commémoraison de tous les fidèles défunts, le 2 novembre, remonte à saint Odilon, abbé de Cluny de 994 à 1049. Longtemps avant Odilon, de nombreux monastères et plusieurs églises consacrèrent un jour de l'année à la commémoraison de leurs défunts; on le voit par les martyrologes, les nécrologes, les coutumiers. Udalric, dans ses Us et coutumes de Cluny, note que le lundi qui suit la Trinité, les monastères rattachés à Cluny commémorent leurs défunts. Mais c'étaient là des commémoraisons réservées aux morts du monastère ou de la famille religieuse, ou aux bienfaiteurs,
en un mot à certains défunts en particulier.
L'initiative de saint Odilon consista dans l'extension à tous les fidèles défunts du bénéfice de cet anniversaire liturgique. [...} Odilon aurait reçu pour ce faire un avertissement bien merveilleux. Un pèlerin de Rodez, qui connaissait Cluny et Odilon, au retour d'un pèlerinage à Jérusalem, fait naufrage, atterrit dans une île, y rencontre un ermite qui en substance lui tient ce langage: "Ici tout près, en des lieux voisins, s'élèvent de grands incendies, où les âmes des pécheurs jusqu'aux temps marqués souffrent divers supplices. Et souvent ils sont délivrés grâce surtout aux prières de la congrégation de Cluny et de son abbé." Pressé par l'ermite, le pèlerin reprend la mer, pour rapporter à Odilon ce qu'il a entendu et l'inviter à redoubler de prières.
Un contemporain d'Odilon de Cluny [...} rapporte l'initiative d'Odilon à l'année 998, et ajoute: "Cette coutume, passant en beaucoup d'Eglises, fit solenniser la mémoire des fidèles défunts." De fait, il semble que tout l'Eglise d'Occident, au cours du XIe siècle, ait adopté la Commémoraison des morts.
Cette commémoraison a gardé jusqu'à nos jours le caractère que lui avait donné saint Odilon. [...}
Par la constitution apostolique Incruentum altaris sacrificium, du 10 août 1915, le pape Benoît XV étendit à l'Eglise universelle le privilège, concédé précédemment aux Eglises d'Espagne et de Portugal, des trois messes du jour des morts. Tous les prêtres peuvent donc célébrer trois messes le 2 novembre. Ils peuvent en célébrer une à leurs intentions personnelles ou aux intentions qui leur sont demandées par les fidèles, et pour cette messe ils peuvent recevoir l'offrande des fidèles. Mais des deux autres messes, ils doivent célébrer l'une pour les fidèles défunts, l'autre aux intentions du Souverain Pontife. Benoît XV, dans la constitution que nous citons, déclarait viser dans ses intentions et les morts de la guerre, et les fidèles défunts ayant établi des fondations de messes qui de quelque manière seraient perdues."

in Dictionnaire pratiques des connaissances religieuses,
Bricout, Librairie Letouzey et Ané


        Selon les rubriques du Missel traditionnel, lorsque le 2 novembre tombe un dimanche, la commémoraison des fidèles défunts est reportée au lendemain.
La fête des Morts est placée le lendemain de la Toussaint pour montrer l'union qui existe entre l'Eglise triomphante, l'Eglise militante et l'Eglise souffrante, qui ne forment qu'une seule et même Eglise.
Pour bien célébrer le jour des défunts, nous devons:
        - Penser à la mort et nous convaincre de la nécessité de nous y préparer
        - Concevoir de l'horreur pour le péché, même véniel, si rigoureusement puni dans l'autre vie
        - Prier avec plus de ferveur que de coutume pour tous les fidèles trépassés, en demandant à Dieu de leur donner le repos éternel.


Indulgences
Une indulgence plénière, applicable seulement aux âmes du Purgatoire, est accordée au fidèle qui:
- Visite dévotement le cimetière et prie pour les défunts, ne serait-ce que mentalement, entre le 1er et le 8 novembre
- le jour où est célébrée la Commémoraison de tous les fidèles défunts visite pieusement une église ou un oratoire et y récite le Pater et le Credo

Pour gagner l'indulgence plénière, en plus d'exclure toute affection au péché, même véniel, il est requis d'accomplir l'œuvre indulgenciée et de remplir les trois conditions: confession sacramentelle, communion eucharistique et prière aux intentions du Souverain Pontife.