mardi 2 décembre 2014

Du R. P. Jean-Baptiste Avrillon,

Extraits de « Conduite pour passer saintement le temps de l’Avent », 1732.

        On est fort quand on marche à la faveur de la lumière qui vient de Dieu, et que par conséquent on est bien faible quand on marche dans les ténèbres, ou qu'on n'est guidé que par ses propres lumières, qui n'ont rien de sûr ni de solide. « Revêtons-nous, dit saint Paul, des armes de la lumière ». La lumière est
donc armée, elle a de la force pour résister à ses ennemis : quelle consolation pour moi ! Quelle ressource !

        Le Roi-Prophète l'avait bien expérimenté quand il disait : « Mon Seigneur est ma lumière et mon salut, qui pourrais-je craindre ? » (psaume XXVI) Ainsi le parti que je dois prendre, quand je sentirai ma faiblesse, c'est de courir à cette lumière, c'est de me revêtir de ses armes, et je serai sûr de la victoire (…)


        Aussi Jésus-Christ est-il venu, dit le disciple bien-aimé, pour éclairer tous les hommes, et cette lumière luira dans les ténèbres ; cependant je ne vois ici que des apparences de té­nèbres, car ce Sauveur vient dans l'obscurité de la nuit, quoi­qu'il soit l'auteur de la lumière ; il est vrai que, selon le Pro­phè­te, cette nuit sera éclairée comme le plus beau jour ; éclai­rée par la vraie lumière qui prend naissance, et qui est Jésus-Christ ; éclairée par les anges qui descendent du ciel ; éclairée par la clarté qui conduit les pasteurs à l'étable : ainsi les ténèbres de cette naissance ont quelque chose de si grand, qu'elles sont com­­pa­rables à la lumière. Respectons jusqu'à ces ténèbres qui n'ont rien que de mystérieux et de saint, allons à Dieu par ces ténèbres et par les voies obscures de la foi, et nous serons éclairés.