lundi 2 février 2015

le jeûne

Saint Basile de Césarée


Extraits de sa première homélie sur le jeûne.

        Le jeûne est une faveur ancienne, qui ne vieillit pas, mais qui se renouvelle sans cesse, toujours dans sa première vigueur. Croyez-vous que je tire de la Loi l’antiquité du jeûne ? Il est plus ancien que la Loi même (…) Le jeûne sert d’ailes à la prière pour s’élever en haut et pénétrer jusqu’aux cieux (…).
         Gardez-vous néanmoins de
borner l’avantage du jeûne (…) Le jeûne véritable est de s’abstenir des vices (…) Malheur à ceux que les passions enivrent.       
        La colère est une ivresse de l’âme qui la trouble et la transporte. La tristesse est aussi une ivresse qui enveloppe et ensevelit la raison. La crainte est une autre ivresse qui nous fait trembler mal à propos (…) Toute passion violente qui trouve et dérange la raison est une ivresse. Voyez un homme emporté par la colère : il est ivre ; il n’est plus maître de lui-même, il ne se connaît plus, il ne connaît plus personne ; il se jette sur tous, comme dans un combat nocturne ; il parle au hasard, il ne se contient pas, il invective, frappe, menace, crie, s’emporte en jurons et se livre à toute sa rage (…)

            Que le Seigneur qui fait se succéder les temps, nous accorde, après nos exercices de braves athlètes, et la pratique constante de la tempérance, d’arriver au jour du couronnement : qu’après nous être conformés ici-bas au Sauveur souffrant, il nous donne de recevoir dans la vie future la récompense de nos travaux.