samedi 6 juin 2015

Culte et dévotion au Sacré-Coeur

"Culte et dévotion au Sacré-Coeur", de Pie XII
 Lettre encyclique Haurietis aquas in Gaudio 15 mai 1956

    2. À la vérité, il est impossible d'énumérer les dons célestes que le culte rendu au Sacré-Cœur de Jésus répand dans les cœurs des fidèles : il les purifie, les ranime par ses divines consolations et il les entraîne à l'acquisition de toutes les vertus. [...]

3. La charité divine tire sa première source du Saint-Esprit, qui est l'Amour personnel tant du Père que du Fils au sein de l'auguste Trinité. C'est donc très justement que l'Apôtre des nations, faisant comme écho aux paroles de Jésus-Christ, attribue l'effusion de la charité dans les âmes des fidèles à cet
Esprit d'amour : " L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné. " [...]

4. Ce lien très étroit que les Saintes Écritures affirment intervenir entre la divine charité, qui doit brûler dans les cœurs des chrétiens, et l'Esprit Saint - qui est essentiellement Amour - nous dévoile à tous, Vénérables Frères, la nature intime elle-même de ce culte que l'on doit rendre au très saint Cœur de Jésus-Christ. Car, s'il est manifeste que ce culte, si nous considérons sa nature particulière, est l'acte de religion par excellence - puisqu'il requiert de notre part une volonté pleine et absolue de nous vouer et consacrer à l'amour du divin Rédempteur, dont son Cœur transpercé est le vivant témoignage et le signe, - de même il est également manifeste, et dans un sens encore plus profond, que ce même culte suppose avant tout que nous rendions amour pour amour à ce divin Amour. [...]

     7. Il y en a, [...]qui, du fait qu'ils considèrent que ce culte fait appel surtout à la pénitence, à l'expiation et aux autres vertus qu'on déclare " passives " parce que privées apparemment de fruits extérieurs, ne l'estiment pas propre à ranimer la spiritualité de notre époque à qui incombe le devoir d'entreprendre une action franche et d'envergure pour le triomphe de la foi catholique et la défense vigoureuse des mœurs chrétiennes. Car ces mœurs, de nos jours, comme tout le monde le sait, se trouvent facilement entachées des erreurs de ceux qui pratiquent l'indifférence pour toute forme de religion, sans que leur esprit distingue le vrai du faux, et sont malheureusement pénétrés des principes du matérialisme athée et du laïcisme.[...]

8. Qui ne voit, Vénérables Frères, que de telles manières de penser sont en totale opposition avec les déclarations qu'ont faites solennellement de cette chaire de vérité Nos Prédécesseurs, en approuvant le culte du Sacré-Cœur de Jésus? Qui oserait déclarer inutile et moins adaptée à notre présente époque cette piété que Notre Prédécesseur d'immortelle mémoire, Léon XIII, a déclaré être " la forme de religion la plus estimable " ? et il ne doutait pas qu'on y trouvât un remède capable de guérir les maux qui, de nos jours mêmes, et sans aucun doute d'une manière plus ample et plus aiguë, inquiètent et font souffrir les individus et la société. [...]

   28. L'Écriture Sainte et les symboles de la foi catholique nous enseignent donc que dans l'âme très sainte de Jésus-Christ règne la plus haute consonance et harmonie, et qu'il a appliqué manifestement son triple amour à la réalisation de la fin poursuivie dans notre Rédemption. Par conséquent, il est évident que c'est à très bon droit que nous pouvons voir et vénérer le Cœur du divin Rédempteur comme l'image expressive de son amour et le témoignage de notre Rédemption, et comme aussi l'échelle mystique qui nous élève jusqu'à embrasser " Dieu notre Sauveur ". C'est pourquoi dans ses paroles, ses actes, ses préceptes, ses miracles et particulièrement dans ses œuvres qui nous témoignent plus clairement son amour - comme l'Institution de la divine Eucharistie, sa Passion si douloureuse et sa mort, le don affectueux qu'il nous fit de sa très Sainte Mère, l'Église qu'il fonda pour nous et, enfin, le Saint-Esprit envoyé à ses apôtres comme à nous - en tout cela, disons-Nous, nous devons admirer comme des preuves de son triple amour. [...]   


42. Rien par conséquent ne s'oppose à ce que nous adorions le Cœur très sacré de Jésus-Christ en tant que participation et symbole naturel et très expressif de cet amour inépuisable que notre divin Rédempteur ne cesse d'éprouver à l'égard du genre humain. Bien qu'il ne soit plus soumis aux vicissitudes de cette vie mortelle, il n'en continue pas moins de vivre et de battre, il est uni d'une façon indissoluble à la Personne du Verbe divin, et, en elle et par elle, à la volonté divine. C'est pourquoi, puisque le Cœur du Christ déborde d'amour divin et humain, et qu'il est rempli des trésors de toutes les grâces que notre Rédempteur a acquis durant sa vie par ses souffrances et par sa mort, il est la source éternelle de cet amour que son Esprit répand dans tous les membres de son Corps mystique. [...]