samedi 6 juin 2015

Editorial de Juin


otre monde aime particulièrement les commémorations, comme si le présent ne suffisait pas et qu’il fallait toujours recourir à ce qui s’est passé dans les siècles ou les années passées. Dans le même temps est encore mis en place chaque jour, l’adage désormais bien trop connu : du passé faisons table rase.
        Dans le domaine spirituel, il faut donc inventer de nouvelles dévotions, dans le domaine politique, il faut réinventer le présent, dans la vie sociale, il faut inventer de nouvelles fêtes, de nouvelles occasions, il faut réinventer le « vivre ensemble ». Comme l’homme ne peut être complètement séparé de l’histoire, le
passé fait son apparition lors de commémorations de-ci ou de-ça.
        Bien au contraire, nous le savons, il ne faut rien inventer, seulement parfois adapter peut-être aux circonstances, telle ou telle dévotion, telle ou telle politique, telle ou telle vie sociale ou familiale. 
        En ce mois de juin, nous allons fêter le Sacré-Cœur qui a tant aimé le monde. Cette dévotion quoique développée à partir du XVIIème siècle, n’en est pas moins une dévotion qui remonte au temps de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, puisqu’il s’agit d’adorer le siège de l’Amour de Dieu pour les hommes. L’amour du Cœur de Jésus doit être l’accomplissement du premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces ! »
        Nous ne commémorons pas, comme un évènement passé, l’Amour de Dieu pour les hommes et l’amour que les hommes doivent Lui porter, nous voulons vivre cet Amour. L’exemple des martyrs de la révolution qui portaient sur leur cœur ce Sacré-Cœur, des martyrs espagnols qui mouraient au cri de « Viva el Cristo Rey » ou des martyrs contemporains massacrés et tués en raison de la Foi en Notre-Seigneur, nous enseigne ce qu’est la Charité dont la source est le Cœur de Jésus qui a tant aimé les hommes. Il s’agit d’un Amour radical à la vie et à la mort quelles que soient les époques ou les circonstances.
        Afin de protéger nos familles, de protéger nos âmes et nos corps, en ce mois de juin ne nous bornons pas à seulement commémorer le Sacré-Cœur mais appliquons-nous à vivre avec Lui, à en faire notre seul désir, notre seule consolation. Nous pourrons graver dans nos âmes cet Amour de Jésus et ainsi être les héritiers et les frères fidèles de tous ceux qui donnent leur vie pour Notre-Seigneur Jésus-Christ. En ce mois de juin, souvent fort chargé en activités diverses, ce sera pour nous le moyen de ne pas nous disperser mais de garder l’essentiel de notre vie : l’Amour de Dieu.


        Que le Sacré-Cœur trône en nos âmes, en nos familles, en nos entreprises humaines afin que Jésus soit vraiment Celui qui règne et pour Lequel nous voulons vivre et mourir.

                                                                              Abbé Benoît Maître †

               Chapelain