mardi 1 mars 2016

Editorial de mars


      

       Dieu pour s' incarner, n' a pas seulement voulu prendre la Sainte Vierge Marie pour mère mais Il a aussi voulu choisir Saint Joseph comme père putatif.
         
          Dieu, pourtant autorité des autorités, a voulu se soumettre à une autorité paternelle humaine car celle-ci est nécessaire à
l’ordre créé. Saint Joseph assume cette autorité dans la Sainte Famille.

         Dieu envoie son Fils Bien-Aimé, seconde Personne de la Sainte Trinité, Dieu Lui-même, dans le monde afin de sauver les hommes et par là, comme nous le rappelle Saint-Paul, faire de nous ses enfants par la Grâce. Dans la Mort et la Résurrection de Notre-Seigneur, nous sommes enfants de Dieu, ainsi nous ne nous reconnaissons plus seulement Dieu comme Créateur et Tout-Puissant mais comme le meilleur des pères. Notre-Seigneur non seulement se soumet à l’autorité paternelle de Saint Joseph lors de son Incarnation mais nous permet d’être enfants de Dieu par la Rédemption.

         Il n’est pas anodin de constater qu’afin de détruire toute famille, que ce soit l’Eglise de Dieu mais aussi l’Etat (basé normalement sur l’autorité paternelle du prince sur ses peuples) ou chaque famille particulière, constituée par un père et une mère, les ennemis de la Vérité ont commencé par détruire l’image du père. Ainsi toute autorité n’est plus justifiée que par un choix ou une réalité affective (je lui obéis parce que je l’aime bien). Pourtant l’autorité paternelle en ce bas monde, bien qu’elle ne soit jamais parfaite, est une condition de notre accroissement humain et spirituel. Le père se donne pour ses enfants, dans l’oubli de lui-même, pour l’ordre et la justice, pour subvenir aux besoins des membres de sa famille, pour faire grandir et donner à chacun sa place.

         Alors que nous voyons l’autorité paternelle décriée, pervertie et refusée même par ceux qui en sont les dépositaires, nous constatons chaque jour l’envahissement plus important de ceux qui ne comprennent toute autorité que comme un combat, une autorité de chef de guerre, tant en ce qui regarde les relations à Dieu, aux autorités civiles ou même au sein de la famille.

          L’autorité paternelle, comme don de soi, doit être vécue tant par les pères de famille, que par toute autorité en ce monde qu’elle soit civile ou religieuse. De même, la soumission filiale, qui reconnaît avec bienveillance cette autorité pour notre bien, nous est nécessaire afin d’entrer dans le plan de Dieu.

         En ce temps de Carême, et alors que nous allons vivre la Semaine Sainte, que nous allons assister et participer au Mystère de la Rédemption par Notre-Seigneur, nous pourrons comprendre la grande miséricorde de Dieu le Père à notre égard et chercher à être les meilleurs des enfants qui savent accueillir cette grande bonté par une conversion intérieure.

         Avec Saint-Joseph, bonne et sainte fin de Carême à tous, que Notre-Seigneur, en sa Passion et sa Mort ainsi que dans sa Résurrection, nous mène à la voie de notre Salut.


Abbé Benoît Maître †

Chapelain