samedi 4 juin 2016

Editorial de Juin


A l’heure où nous constatons les troubles qui surviennent dans notre pays, où nous constatons les troubles qui existent dans l’Eglise de Dieu, ou même dans nos familles, nos connaissances, nos proches ou nous-mêmes, les occasions de troubles et d’inquiétude ne manquent pas, la
tentation est grande de vivre sans cesse dans une angoisse du lendemain. Ainsi nos cœurs, nos âmes, se trouvent-elles constamment agitées, et si, en plus, nous avons succombé à regarder régulièrement la télévision avec son cortège de mauvaises nouvelles, de catastrophes ou de programmes qui ne participent nullement à un sain divertissement, alors, oui, nos âmes et nos cœurs sont dignes d’une feuille agitée par la Tramontane.

         « Où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (St Luc, XII ,34) nous dit Notre-Seigneur. Il ne s’agit pas de vivre en dehors de ce monde, nous-sommes dans le monde et avons des soucis parfois bien légitimes de ce monde.  Mais nous devons nous demander, chacun, quel est notre trésor ? Pour quelle richesse travaillons-nous ? Quelle fortune cherchons-nous à amasser ? Celle du monde qui passera ou celle de la Vie Eternelle qui demeurera ? Quel bonheur et quelle joie nous motivent ou nous font avancer ? Ceux qui viennent des attraits de ce siècle, d’une satisfaction purement humaine, ou ceux qui sont gages d’une béatitude qui pourra emplir notre être d’une jouissance dépassant notre nature ? 

         « Voici ce Cœur qui a tant aimé le monde » dit Notre-Seigneur à Sainte Marguerite-Marie Alacoque. Le Sacré-Cœur de Jésus est le réceptacle de l’union de l’Amour humain et Divin de Notre-Seigneur. Voilà le trésor que nous devons chercher : l’Amour du Cœur de Jésus, ce Cœur qui est Source de Grâces et de recherche de la Vie Eternelle.

         « Si le sel devient fade avec quoi le salera-t-on ? » Peut-être cette parole de Notre-Seigneur nous est-elle appliquée ? Vivons-nous assez du zèle de Dieu, cherchons-nous assez à mettre le Sel de la Sagesse de Dieu, le sel de la Foi, dans notre vie ?

         En ce mois de juin, en nous attachant à ce Cœur qui a tant aimé le monde et  en faisant de son Amour notre trésor, peut-être, je l’espère, notre vie pourra retrouver ce zèle, ce sel qui nous manque bien trop souvent. Notre trésor sera l’Amour de Dieu qui seul peut nous donner la paix dans l’adversité. Ainsi pourrons nous non seulement dire mais aussi véritablement vivre ce cri lancé vers le Ciel : « Que vive le Christ-Roi ! »
Abbé Benoît Maître †
Chapelain