mercredi 14 septembre 2016

Saint Michel Archange



Saint Michel Archange - Protecteur de la France
Par Monsieur J. THÉROL - Extrait de la Revue Itinéraire

        

      « Saint Michel archange, défendez-nous dans le combat, soyez notre protecteur contre les embûches et la perfidie du démon. Que Dieu lui fasse sentir son empire, nous L’en supplions instamment. Et vous, Prince de la milice céleste, repoussez en Enfer, par la Force divine, Satan et les autres esprits du mal qui rôdent dans le monde pour perdre les âmes. »

        Après toutes les messes basses les prêtres peuvent réciter cette prière au pied de l’autel. Cette invocation à saint Michel avait été autorisée par Pie IX pour demander à l’Archange le rétablissement de l’État Pontifical. Par la suite, elle avait été recommandée par Pie XI, pour la conversion de la Russie.

       N’y a-t-il pas pourtant bien d’autres États à restaurer, beaucoup d’âmes à délivrer de l’esprit du mal, à protéger contre les embûches du démon ? N’est-il pas évident que le combat des bons et des mauvais anges bat son plein et que le prince du mensonge fait feu de tous ses moyens de séduction ?

        A l’instigation de Satan toujours le même argument « Vous serez comme Dieu », contre quoi l’Archange s’est élevé, méritant ainsi le nom glorieux de Michel ou qui est égal à Dieu – les hommes, plutôt que de reconnaître et d’adorer l’Intelligence suprême qui leur a donné l’être mais dont ils ne veulent pas

dépendre, attendent de l’aveugle matière le bonheur qu’ils ne veulent pas devoir à Celui qui l’a créée. A la Foi qui obtient, qui opère les miracles, mais les oblige à s’humilier, ils préfèrent substituer la technique qui leur donne l’illusion d’accéder un jour à la Toute-Puissance divine. Hélas ! En même temps croissent la confusion, l’insatisfaction et l’inquiétude par quoi justement se signale l’action des esprits mauvais, la « queue du serpent » comme dit saint Ignace.

           Est-ce donc bien le moment d’économiser sur les prières à saint Michel et d’oublier ce qu’a écrit du Prince du ciel saint Grégoire le Grand ? « Toutes les fois que Dieu veut opérer quelque merveille il envoie saint Michel, comme pour nous apprendre qu’en son nom et par sa puissance se produisent des choses que nul autre ne pourrait obtenir. En l’honorant, les peuples attirent sur eux d’innombrables bienfaits ».

          Dans l’un de ses ouvrages[1], Dom Beaurin cite cette phrase, ne cache pas que le peuple le plus tenu d’honorer et d’invoquer saint Michel est justement le peuple français. Il consacre un des chapitres de ce livre à la dette de reconnaissance que la France, en recevant sainte Jeanne d’Arc, a contractée envers l’Archange son protecteur. Mais avant et après ce prodige, unique dans l’histoire de l’ère chrétienne, il y en eut beaucoup d’autres, par exemple l’intervention du Porte-Étendard de Dieu à Bouvines, en 1214.


        Louis XV, s’il participa indirectement au culte de l’archange en recevant le Collier de l’Ordre et en s’intéressant au Mont, ne renouvela pas la consécration à saint Michel. Et cela alors que Satan se déchaînait contre le Christ et son Église, et que les sectes et les «philosophes» impies faisaient leur apparition sur la France, pour son malheur et celui de tout l’univers. Le résultat ne se fit pas attendre. Dès le XVIIIe siècle, l’archange est de plus en plus délaissé. La Révolution va compléter le désastre... Notre XXIe siècle se ressent de cette ingratitude envers l’Archange protecteur de la France.


          Dans la mesure où la dévotion au grand Archange s’épanouit chez nous, dans la même mesure la France grandit et rayonne. Par contre, lorsque le peuple néglige ses devoirs envers son sublime protecteur, la France pâlit et diminue. N’en faisons-nous pas l’expérience actuellement ? Qu’il plaise à Monseigneur saint Michel de pardonner à la France ingrate et qu’il ramène enfin la Fille aînée de l’Église à son « Droiturier et Souverain Seigneur », Jésus-Christ.





[1] Dom Jean-Marie Beaurin o. s. b. et Michel Beauvallet - Saint Michel Archange protecteur du peuple de Dieu (Mame)