mercredi 1 février 2017

Editorial de Février


           Il est bien triste de constater que les chrétiens eux-mêmes, cherchant pourtant à être disciples de Notre-Seigneur, ont bien souvent oublié que la vie spirituelle n’est pas seulement la composante d’une journée bien équilibrée. Comme si nous donnions à
Dieu un temps bien défini afin de nous mettre en règle avec Lui !

         La vie spirituelle est bien plus que cela, elle est le socle et l’âme de nos journées. L’intimité avec Notre-Seigneur, la présence de sa grâce en nos âmes doivent ainsi féconder, alimenter toute notre vie. Alors, les actions, le travail, les joies, les peines, les relations, les rencontres mais aussi la prière ou même notre péché sont vus totalement différemment car tout ce que nous vivons devient un moyen d’augmenter ou de diminuer cette présence de Dieu en nous, cet Amour de Dieu.

         Nous sommes souvent à nous plaindre des difficultés du temps présent, de ce monde si loin de la Vérité et qui cherche à la supprimer. Nos plaintes se portent même sur nos communautés qui ne sont pas assez ceci, trop cela, même sur l’Eglise qui ne semble pas toujours être ce beau navire prompt à supporter les assauts de la tempête du monde. Bien souvent, ces plaintes sont réalistes voire parfois justifiées. Mais en resterons-nous là ?

         Par la Vie spirituelle, nos plaintes peuvent être transformées ou même supprimées (même si les causes demeurent) pour en faire de véritables outils d’Amour de Dieu. Si tout ce que je suis amené à vivre ou à connaître est vu à la lumière de la Grâce de Dieu, de l’union de mon âme à Dieu, alors tout devient une occasion de rendre Grâces à Dieu, de lui demander de l’aide, d’implorer sa miséricorde ou de faire pénitence. « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu»[1].

         Lors de la fête de la Purification nous chantons Notre-Seigneur comme Celui qui est La Lumière, cela est d’autant plus vrai dans nos vies lorsque nous voulons qu’Il éclaire toutes choses.

         Ainsi par cette lumière de Dieu en nous, par cette Vie Spirituelle, nous avons les moyens de ne nous laisser envahir ni par l’immobilisme du défaitisme ou l’affadissement de la recherche du confort, ni par le raidissement de notre outrecuidance. 

         Ainsi, malgré les fatigues et les contradictions, malgré les chantres du défaitisme, les héros de la mondanité et les tristes sires qui se pensent propriétaires de la Vérité, nous pourrons être des porteurs de cette Lumière de Dieu, qui fait reculer petit à petit ce monde de ténèbres.



Abbé Benoît Maître †
Chapelain




[1] Rm VIII, 28