samedi 4 mars 2017

Editorial de Mars

     
    Notre époque voit la volonté, néfaste et malveillante, d’amoindrir et de dénigrer la figure du Père. L’autorité, qu’elle soit civile, familiale ou religieuse, n’est plus vue comme un instrument voulu par Dieu pour la défense du Bien Commun et du Bien Particulier de chacun, mais se trouve
désormais fondée sur le choix, le goût ou l’acquiescement personnel.

         Ainsi l’autorité n’est plus paternelle. En effet, on ne choisit pas son père, son autorité n’est pas le fruit de ma volonté et mon acquiescement ne lui permet que de pouvoir exercer son autorité mais ne la fonde en aucun cas. De même, le père n’a pas à conquérir son autorité, elle est inhérente à la relation avec ses enfants, il ne l’exerce pas pour son profit personnel, elle est un don de lui-même pour le bien de sa famille.

         En ce temps de Carême, il convient de retrouver l’autorité paternelle que Dieu a sur nous (qui n’est pas le fruit de notre volonté), nous devons rechercher à être de dociles enfants de Dieu : reconnaissants des dons que Dieu nous fait, dociles à ses commandements, à sa voix, cherchant à vivre avec Lui et selon le plan qu’Il a prévu pour notre plus grand bonheur. Comme des enfants, ayant mal agi, viennent voir leur père pour demander pardon, pour réparer les fautes commises et trouver les solutions pour rétablir l’ordre dans leur vie, comme des enfants, ayant contristé leur père, veulent le soulager et lui faire retrouver le sourire, notre Carême pourra être le moment important pour la restauration en nos vies de cette paternité Divine et de cette filiation avec Dieu, que Notre-Seigneur nous a acquise sur la Croix.

         Toutes les autorités de ce monde : spirituelles, familiales et même civiles doivent être à la fois à l’image de l’autorité paternelle de Dieu et les instruments de cette autorité. A tout homme à son niveau et selon sa condition de vivre cette réalité.

         Le mois de mars est traditionnellement consacré à Saint Joseph. La figure du dernier des patriarches et père putatif de Notre-Seigneur pourra nous aider à comprendre la nécessité tant de l’autorité paternelle que de l’amour filial, lui qui fut à la fois docile à la Volonté de Dieu le Père, comme enfant de Dieu, et à la fois investi de l’autorité paternelle sur le Fils de Dieu. Ainsi nous pourrons comprendre la beauté, la profondeur, la nécessité de l’autorité paternelle et, avec Saint Joseph, nous pourrons l’aimer afin d’être de dociles et fidèles enfants de Dieu.

                                                         Bon et Saint Carême à tous !

Abbé Benoît Maître †
                                                                                                                                                          Chapelain